Guide : Création d’un nid en bois

Guide d'élevage

Salut à vous, chers lecteurs ! 

 

Si vous souhaitez vous renseigner sur la fabrication de nids en bois, vous êtes au bon endroit !

 

Dans ce guide nous allons vous détailler les 4 points essentiels dans la fabrication de nids en bois. A savoir : 

  • Le choix du type de bois
  • Le séchage du bois
  • Le creusage 
  • La pose de la vitre

Avant de commencer, nous tenons à préciser que toutes les espèces ne sont pas capables de vivre en nid en bois. Renseignez-vous donc suffisamment sur l’espèce en question. Les espèces pouvant vivre dans le bois sont qualifiées de “lignicoles”. Dans le cas contraire, elles ne pourront pas s’adapter à ce type de nid et péricliteront.

Camponotus lateralis en nid en bois d'olivier (Damien)
Camponotus vagus en nid en bois d'olivier (Damien)

On commence donc par le premier point : Le choix du type de bois

La question revient souvent : “Quel type de bois faut-il utiliser pour faire un nid ?”. Ce choix est très important.

 

Il est fortement déconseillé d’utiliser des bois reconstitués en raison de leur composition qui est souvent à base de colles, toxiques pour les fourmis.

 

La voie la plus raisonnable semble donc d’utiliser du bois naturel et dense tel que du chêne ou de l’olivier par exemple. Un bois dur a comme avantage d’être creusé moins facilement par les fourmis et donc de durer plus longtemps. Veillez également à ce que le bois ne contienne pas de micro-parasites ou autres indésirables.

 

Dans la nature, les fourmis vivent très bien dans les arbres ou les morceaux de bûches, non ? Aucun traitement envers le bois n’est donc réellement nécessaire.

 

 

Deuxième point : Le séchage du bois 

 

Nombreux sont les éleveurs qui ont coupé une tranche de bois et qui ont vu celle-ci se fissurer par la suite. La raison la plus probable est simplement le fait que le bois n’était pas suffisamment sec.

 

En effet, le bois (surtout le bois dur) met très longtemps à sécher. Pour vous donner un ordre d’idée, une bûche de 20 cm de diamètre de bois de chêne mettra 10 ans pour sécher à cœur. Dites-vous que plus le morceau de bois est gros, plus il mettra de temps à sécher.

 

Avant de fabriquer votre nid, nous vous conseillons de couper une petite tranche “test” issue d’une branche coupée depuis plusieurs années et de la laisser sécher pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois afin de voir si elle craque ou non. Laissez-la reposer à l’abri du soleil et de l’eau. Le séchage est un point qui résume toute la difficulté des nids en bois et qu’il ne faut surtout pas négliger.

Tranche fissurée lors du séchage (Damien)

Troisième point : le creusage

 

Creuser du bois pour en faire une fourmilière artificielle demande une certaine technique et de la précision. Contrairement au béton cellulaire, nous avons à faire à une matière beaucoup plus dure… Les principaux outils conseillés seront :

 

  • La dremel : 

 Avantages : peu cher, assez petit, et pratique pour le travail de précision, finitions etc.

 Inconvénients : peu puissant.

 

  • La défonceuse : 

Avantages : Très puissante et peut fournir un travail de précision si l’on sait bien l’utiliser. 

Inconvénients : Assez chère (environ 120€), bruyante, et très difficile à manipuler pour les travaux de précision. 

 

  • La perceuse à colonne : 

Avantage : C’est une machine qui peut très bien servir d’alternative si vous n’avez aucun autre outil sous la main. 

Désavantages : Elle n’est pas vraiment faite pour le creusage du bois vertical, et les tours minutes sont très faibles, ce qui rend le creusage du bois très long.

 

Profondeur et dimensions :

Différentes profondeurs peuvent être proposées aux fourmis en fonction de l’espèce. Par exemple, pour de grosses Camponotus mesurant entre 7 et 15 mm, telles que les Camponotus vagus et cruentatus, il sera conseillé de leur offrir une profondeur minimum d’environ 1,3 cm. Tandis que pour d’autres espèces ne mesurant pas plus d’un centimètre, comme les Camponotus lateralis, une profondeur comprise entre 8 ou 10 mm suffira. Dans le cas de Colobopsis truncata ou de Temnothorax sp., on pourra encore réduire.

 

!! PRÉVENTION !!

 

Ces outils peuvent s’avérer extrêmement dangereux, notamment la défonceuse qui est très puissante pouvant causer de graves dommages aux doigts ou aux mains.

Ce genre d’accident est fréquent et peut arriver extrêmement vite. Le moindre faux mouvement ne pardonne pas. Et dites-vous que la plupart des accidents arrivent aux gens qui ont l’habitude, en raison de leur excès de confiance et de leur manque d’attention. 

Sans compter les rejets de poussières qui peuvent endommager vos voies respiratoires. 

 

Un travail en extérieur ou dans un endroit aéré est donc fortement recommandé.

Le port d’un masque anti-poussière et de lunettes de protection est également recommandé.

 

 

Quatrième point : La pose de la vitre

 

Le plexiglas reste le matériau le plus utilisé dans la fabrication de nid en bois car c’est un matériau assez facilement découpable. Le bois ayant souvent des formes irrégulières, pouvoir découper la vitre sur mesure est donc un grand avantage. Pour coller la vitre, vous pourrez utiliser de la colle ou des vis. Les vis restent la méthode la plus utilisée. Il faudra donc percer le plexiglas à l’emplacement des vis. 

 

Exemple de nid en bois fixé avec des vis :

Camponotus vagus en nid en bois d'olivier (Damien)
Camponotus lateralis en nid en bois d'olivier (Damien)

Faire un pré-perçage dans le bois à l’emplacement des vis est conseillé afin de visser plus facilement, et de réduire le risque de craquement. Cependant cela n’est pas toujours évident car le perçage du plexiglas et celui du bois doivent parfaitement se superposer. Attention à ne pas visser trop fort, le plexiglas étant un matériau peu résistant qui pourrait fissurer face à la pression. 

Une fois la vitre posée, vérifiez attentivement qu’il n’y ait pas d’espaces entre le bois et le plexiglas car cela pourrait entraîner des évasions, surtout chez les petites espèces. 

 

Pour aller plus loin : 

Nids en bois humidifiables :

Qui a dit que nid en bois signifiait nid 100% sec ? Les nids en bois humidifiables, bien qu’assez complexes, sont bel et bien possibles. Certains nids, comme sur les photos ci-dessous, disposent d’une réserve d’eau permettant de diffuser l’humidité dans les galeries.

Exemple de nids disposant d’une galerie humidifiable plâtrée et simple :

 

Ookami
Damien

Pour qu’un nid puisse être humidifiable, il faut impérativement qu’il soit imputrescible ou peu putrescible afin qu’il tienne sur le long terme. Dans le cas contraire, il se gonflera/déformera au contact de l’eau.

En France, nous avons par exemple comme bois peu putrescible, le chêne et le châtaignier, mais il en existe plein d’autres.  

 

 

Nids en liège : 

Le nid en liège demeure une bonne alternative aux nids en bois pour les personnes un peu moins bricoleuses.

Photo d’un nid en liège venant d’une boutique en ligne, pouvant servir d’inspiration pour du fait maison : 

 

Nico74
Colobopsis truncata en nid maison de liège de 2mm (Ookami)

Il est possible d’en fabriquer soi-même en achetant :

  • une plaque de liège au diamètre adapté aux besoins de l’espèce,
  • du verre ou plexiglas,
  • du silicone (100% ou pour aquarium)

Il suffira de précreuser quelques galeries, soit au ciseau, soit à la dremel, selon l’épaisseur à couper. Ou laisser la plaque tel quel afin que vos protégées le creusent d’elles-même.

Le futur nid en liège pourra être placé soit à la verticale, soit à l’horizontale, séparément, dans une aire de chasse ou dans un terrarium.

 

Si vous avez lu jusqu’à la fin, vous avez toutes les infos pour devenir un véritable artisan d’art de nids en bois !  

 

Sources et crédits :

  • Photos de Damien, Nico74 et Ookami
  • Photo de couverture par Mr Baron
  • Réalisation par Damien
  • Mise en page et relecture : Ookami

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