Pheidole pallidula

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FAMILLE : Formicidae
SOUS-FAMILLE : Myrmicinae
TRIBU : Attini
GENRE : Pheidole
ESPÈCE : Pheidole pallidula

TAXONOMISTE ET ANNÉE DE DESCRIPTION : Nylander, 1849 (sous le nom de Myrmica pallidula)

NOMS VERNACULAIRES : Big-headed ant (anglais)
SYNONYMES ET ANCIENS NOMS UTILISÉS : Aucun synonyme n’est actuellement encore utilisé.

ÉTYMOLOGIE GENRE : du grec Pheidolos, « économe ».
ÉTYMOLOGIE ESPÈCE : du latin pallidula, « pâle ».

TAILLE OUVRIÈRES : 2 mm
Yves Bas
Antiki.org
TAILLE MAJOR: 3-4 mm
TAILLE MÂLES : 4-5 mm
TAILLE GYNES : 8 mm

MORPHISME : l’espèce est très polymorphe avec des individus appelés “majors” bien plus imposants que les plus petits individus appelés “minors”.

FAISANT PARTIE D’UN GROUPE D’ESPÈCES CRYPTIQUES : Non, à l’heure actuelle, Pheidole pallidula n’a pas d’égal dans la faune française, bien qu’il ne soit pas exclu que des espèces cryptiques soient décrites dans le futur.

DESCRIPTION ET PARTICULARITÉS PHYSIQUES : Pheidole pallidula est la seule espèce française présentant un polymorphisme non continu. Il n’y a ainsi pas d’intermédiaire de taille entre les minors et les majors.

Les minors de cette petite espèce se reconnaissent par un corps frêle et de longues antennes surmontées d’une massue de trois articles ; mais, sur le terrain, le plus simple élément d’identification reste la présence de majors dans les colonies. La tête imposante de ceux-ci est immédiatement reconnaissable.

DESCRIPTION DU BIOTOPE : L’espèce est très ubiquiste et peut s’établir dans n’importe quel biotope, pourvu qu’il soit assez exposé au soleil afin qu’elle puisse y trouver la chaleur nécessaire à son développement. Il n’est pas rare de la retrouver dans les milieux urbains, où elle s’invite régulièrement dans les maisons. Elle est également commune en garrigue ou en forêt.

Isabelle Blanchemain

NIDIFICATION : Les nids sont généralement terricoles, et peuvent être polydomiques ; leur architecture ne présente pas de caractéristique notable. L’on peut retrouver Pheidole pallidula dans la terre, le sable, sous les pierres, dans les maisons ou dans le bois morts.

DÉMOGRAPHIE : Les colonies peuvent atteindre une démographie très importante, de l’ordre de plusieurs dizaines de milliers d’ouvrières. Certains observateurs indiquent des populations jusqu’à 200 000 individus bien que ce type de colonie ne soit que très rarement observé. Pour rester dans l’ordre de l’entendement, l’on pourra considérer qu’une colonie peut aisément dépasser les 60 000 individus.

PARTICULARITÉS COMPORTEMENTALES : Pheidole pallidula fait preuve d’une extrême agressivité et voracité, et est largement dominante là où elle est présente. Des recrutements très rapides et efficaces lui permettent de monopoliser les ressources alimentaires de son biotope. La croissance de la colonie est rapide, et le couvain abondant, afin de compenser une durée de vie très réduite des ouvrières (de l’ordre d’environ trois mois seulement). Dès la vingtaine d’ouvrières, les colonies se mettent à produire des majors, ceux-ci serviront de réserve de nourriture dans la première partie de leur vie, avant de servir à la découpe et au rapatriement de la nourriture lorsqu’ils sont plus âgés.

ALIMENTATION : Notamment avide d’insectes en tout genre, Pheidole pallidula est très opportuniste et se contente de tout, des substances sucrées jusqu’aux graines.

ESSAIMAGE : Les essaimages, qui se déroulent de façon classique avec l’envol d’un grand nombre de gynes et de mâles, ont lieu de juin jusqu’à début août. Ils ont généralement lieu en soirée et sont souvent massifs. Il n’est pas rare qu’ils s’étalent sur plusieurs soirs d’affilée si les conditions météorologiques s’y prêtent.

GYNIE : Il est admis que l’espèce est monogyne, et les tentatives de polygynie en élevage échouent systématiquement. Des colonies comportant plusieurs gynes ont néanmoins été observées in natura, en particulier en Corse. Il semblerait que ces dernières ne soient pas des polygynies mais plutôt des oligogynies secondaires (gyne fraîchement fécondée qui retourne dans son nid natal) mais rien n’a encore été prouvé.

FONDATION : Claustrale. Après l’essaimage, les gynes creusent une loge dans la terre et ne se nourrissent pas jusqu’à l’arrivée des premières ouvrières.

CYCLE DE DÉVELOPPEMENT : Cas unique parmi les fourmis françaises, Pheidole pallidula est exogène-homodynamique, la diapause imposée par les basses températures de l’hiver n’est qu’une contrainte à son développement.

Pheidole pallidula est localisée au pourtour méditerranéen. En France, on ne la trouve que dans le tiers Sud du pays, y compris en Corse. Elle s’observe également autour de la mer Noire et de la mer d’Azov. L’espèce est classée comme invasive en Allemagne, au Danemark, en Norvège, au Pays bas, à Madère et aux Canaries, bien que son impacte sur la biodiversité locale soit modéré par rapport à d’autres espèces plus invasives.

Répartition mondiale selon Antmaps.org :

Répartition française selon Antarea.fr :

TEMPÉRATURE DE MAINTIEN : 22-28°C  cette espèce est thermophile, la température influencera le temps de développement du couvain.

HYGROMÉTRIE : Entre 20 et 80 % de la surface du nid doit être humidifiée, ces fourmis n’étant pas regardantes sur ce paramètre.

SET UP : Comme le témoigne son ubiquisme in natura, l’espèce peut se contenter de la plupart des installations. Néanmoins, la véritable contrainte est de réussir à contenir cette experte de l’évasion qui fera tout pour s’échapper : le nid devra être blindé, et l’aire de chasse protégée par un anti-évasion efficace comme le téflon, ou au mieux fermée.

Polak

FOREUSE ? : Oui. Elles tenteront de creuser tout ce qui peut l’être, c’est pourquoi le nid se doit d’être blindé.

FONDATION : Indépendante et claustrale ; les gynes n’ont donc pas besoin d’être nourries avant l’arrivée des premières ouvrières. Celle-ci aura lieu rapidement, puisque le développement ne prend qu’un peu moins d’un mois de la ponte à l’ouvrière adulte dans des conditions favorables.

ALIMENTATION EN ÉLEVAGE : Elles sont très opportunistes et se contentent de tout. Comme la plupart des fourmis, elles seront principalement nourries de substances sucrées (pseudo-miellats, beetle jelly, fruits…) et d’insectes. Il est cependant conseillé de ne leur distribuer les liquides sucrés qu’imbibés dans du coton afin d’éviter les noyades, qui arrivent facilement chez une petite espèce comme celle-ci.

DIAPAUSE : Cas exceptionnel parmi les espèces françaises, Pheidole pallidula est homodynamique, et la diapause n’est en conséquent pas nécessaire. Cette information est cependant à mitiger. En effet, bien que Pheidole pallidula soit homodynamique, elle n’en reste pas moins une espèce dite “thermophile”, la chaleur influence donc le développement de son couvain ainsi que sa fréquence de ponte. Chez Pheidole pallidula, la diapause peut être réalisée pour rallonger l’espérance de vie de la gyne, en diminuant sa fréquence de ponte pour la reposer. Chez Antariums, nous vous conseillons donc une diapause “douce” à environ 15 ou 16 °C, dès la deuxième année, pendant une période de 6 à 8 semaines durant laquelle vous continuerez à nourrir la colonie.

DÉTAILS À AJOUTER : Même si sa petite taille, sa propension à l’évasion et la grande taille des colonies matures peuvent en rebuter certains, son agressivité, son développement rapide et son polymorphisme étonnant sont autant de raisons expliquant sa popularité en élevage.

DIFFICULTÉ D’ÉLEVAGE : Facile. Les colonies, très robustes, grandissent rapidement et ne nécessitent pas de soin particulier. Même sans expérience, il est très simple de les faire prospérer. La vraie difficulté porte sur la gestion des colonies sur le long terme : en effet, celles-ci deviennent très populeuses et voraces, et tentent de s’évader par tous les moyens ; c’est pourquoi il peut devenir rapidement assez compliqué de les contenir.

  • http://www.antarea.fr/fourmi/
  • https://antwiki.org/wiki/Pheidole_pallidula#Identification
  • photo d’ending et autres par @myrmicants (nathan)
  • photo de couverture par https://www.flickr.com/photos/zyrquel/
  • photos de setup par Polak
  • https://spain.inaturalist.org/people/yvesbas
  • https://spain.inaturalist.org/people/thijsvalkenburg
  • https://spain.inaturalist.org/people/esant
  • Antwiki.org, Antweb.org & Antmaps.org
  • Réalisation par un contributeur Antariums anonyme
  • Mise en page et relecture : Ookami

1) CLASSIFICATION ET SIGNIFICATION :

FAMILLE : Formicidae
SOUS-FAMILLE : Myrmicinae
TRIBU : Attini
GENRE : Pheidole
ESPÈCE : Pheidole pallidula

TAXONOMISTE ET ANNÉE DE DESCRIPTION : Nylander, 1849 (sous le nom de Myrmica pallidula)

NOMS VERNACULAIRES : Big-headed ant (anglais)
SYNONYMES ET ANCIENS NOMS UTILISÉS : Aucun synonyme n’est actuellement encore utilisé.

ÉTYMOLOGIE GENRE : du grec Pheidolos, « économe ».
ÉTYMOLOGIE ESPÈCE : du latin pallidula, « pâle ».

2) MORPHOLOGIE ET IDENTIFICATION :

TAILLE OUVRIÈRES : 2 mm

 

Yves Bas

 

Antiki.org

TAILLE MAJOR: 3-4 mm

TAILLE MÂLES : 4-5 mm

TAILLE GYNES : 8 mm

MORPHISME : l’espèce est très polymorphe avec des individus appelés “majors” bien plus imposants que les plus petits individus appelés “minors”.

FAISANT PARTIE D’UN GROUPE D’ESPÈCES CRYPTIQUES : Non, à l’heure actuelle, Pheidole pallidula n’a pas d’égal dans la faune française, bien qu’il ne soit pas exclu que des espèces cryptiques soient décrites dans le futur.

DESCRIPTION ET PARTICULARITÉS PHYSIQUES : Pheidole pallidula est la seule espèce française présentant un polymorphisme non continu. Il n’y a ainsi pas d’intermédiaire de taille entre les minors et les majors.

Les minors de cette petite espèce se reconnaissent par un corps frêle et de longues antennes surmontées d’une massue de trois articles ; mais, sur le terrain, le plus simple élément d’identification reste la présence de majors dans les colonies. La tête imposante de ceux-ci est immédiatement reconnaissable.

3) BIOLOGIE :

DESCRIPTION DU BIOTOPE : L’espèce est très ubiquiste et peut s’établir dans n’importe quel biotope, pourvu qu’il soit assez exposé au soleil afin qu’elle puisse y trouver la chaleur nécessaire à son développement. Il n’est pas rare de la retrouver dans les milieux urbains, où elle s’invite régulièrement dans les maisons. Elle est également commune en garrigue ou en forêt.

 

Isabelle Blanchemain

NIDIFICATION : Les nids sont généralement terricoles, et peuvent être polydomiques ; leur architecture ne présente pas de caractéristique notable. L’on peut retrouver Pheidole pallidula dans la terre, le sable, sous les pierres, dans les maisons ou dans le bois morts.

DÉMOGRAPHIE : Les colonies peuvent atteindre une démographie très importante, de l’ordre de plusieurs dizaines de milliers d’ouvrières. Certains observateurs indiquent des populations jusqu’à 200 000 individus bien que ce type de colonie ne soit que très rarement observé. Pour rester dans l’ordre de l’entendement, l’on pourra considérer qu’une colonie peut aisément dépasser les 60 000 individus.

PARTICULARITÉS COMPORTEMENTALES : Pheidole pallidula fait preuve d’une extrême agressivité et voracité, et est largement dominante là où elle est présente. Des recrutements très rapides et efficaces lui permettent de monopoliser les ressources alimentaires de son biotope. La croissance de la colonie est rapide, et le couvain abondant, afin de compenser une durée de vie très réduite des ouvrières (de l’ordre d’environ trois mois seulement). Dès la vingtaine d’ouvrières, les colonies se mettent à produire des majors, ceux-ci serviront de réserve de nourriture dans la première partie de leur vie, avant de servir à la découpe et au rapatriement de la nourriture lorsqu’ils sont plus âgés.

ALIMENTATION : Notamment avide d’insectes en tout genre, Pheidole pallidula est très opportuniste et se contente de tout, des substances sucrées jusqu’aux graines.

ESSAIMAGE : Les essaimages, qui se déroulent de façon classique avec l’envol d’un grand nombre de gynes et de mâles, ont lieu de juin jusqu’à début août. Ils ont généralement lieu en soirée et sont souvent massifs. Il n’est pas rare qu’ils s’étalent sur plusieurs soirs d’affilée si les conditions météorologiques s’y prêtent.

GYNIE : Il est admis que l’espèce est monogyne, et les tentatives de polygynie en élevage échouent systématiquement. Des colonies comportant plusieurs gynes ont néanmoins été observées in natura, en particulier en Corse. Il semblerait que ces dernières ne soient pas des polygynies mais plutôt des oligogynies secondaires (gyne fraîchement fécondée qui retourne dans son nid natal) mais rien n’a encore été prouvé.

FONDATION : Claustrale. Après l’essaimage, les gynes creusent une loge dans la terre et ne se nourrissent pas jusqu’à l’arrivée des premières ouvrières.

CYCLE DE DÉVELOPPEMENT : Cas unique parmi les fourmis françaises, Pheidole pallidula est exogène-homodynamique, la diapause imposée par les basses températures de l’hiver n’est qu’une contrainte à son développement.

4) RÉPARTITION :

Pheidole pallidula est localisée au pourtour méditerranéen. En France, on ne la trouve que dans le tiers Sud du pays, y compris en Corse. Elle s’observe également autour de la mer Noire et de la mer d’Azov. L’espèce est classée comme invasive en Allemagne, au Danemark, en Norvège, au Pays bas, à Madère et aux Canaries, bien que son impacte sur la biodiversité locale soit modéré par rapport à d’autres espèces plus invasives.

Répartition mondiale selon Antmaps.org :

Répartition française selon Antarea.fr :

5) ÉLEVAGE :

TEMPÉRATURE DE MAINTIEN : 22-28°C  cette espèce est thermophile, la température influencera le temps de développement du couvain.

HYGROMÉTRIE : Entre 20 et 80 % de la surface du nid doit être humidifiée, ces fourmis n’étant pas regardantes sur ce paramètre.

SET UP : Comme le témoigne son ubiquisme in natura, l’espèce peut se contenter de la plupart des installations. Néanmoins, la véritable contrainte est de réussir à contenir cette experte de l’évasion qui fera tout pour s’échapper : le nid devra être blindé, et l’aire de chasse protégée par un anti-évasion efficace comme le téflon, ou au mieux fermée.

 

Polak

FOREUSE ? : Oui. Elles tenteront de creuser tout ce qui peut l’être, c’est pourquoi le nid se doit d’être blindé.

FONDATION : Indépendante et claustrale ; les gynes n’ont donc pas besoin d’être nourries avant l’arrivée des premières ouvrières. Celle-ci aura lieu rapidement, puisque le développement ne prend qu’un peu moins d’un mois de la ponte à l’ouvrière adulte dans des conditions favorables.

ALIMENTATION EN ÉLEVAGE : Elles sont très opportunistes et se contentent de tout. Comme la plupart des fourmis, elles seront principalement nourries de substances sucrées (pseudo-miellats, beetle jelly, fruits…) et d’insectes. Il est cependant conseillé de ne leur distribuer les liquides sucrés qu’imbibés dans du coton afin d’éviter les noyades, qui arrivent facilement chez une petite espèce comme celle-ci.

DIAPAUSE : Cas exceptionnel parmi les espèces françaises, Pheidole pallidula est homodynamique, et la diapause n’est en conséquent pas nécessaire. Cette information est cependant à mitiger. En effet, bien que Pheidole pallidula soit homodynamique, elle n’en reste pas moins une espèce dite “thermophile”, la chaleur influence donc le développement de son couvain ainsi que sa fréquence de ponte. Chez Pheidole pallidula, la diapause peut être réalisée pour rallonger l’espérance de vie de la gyne, en diminuant sa fréquence de ponte pour la reposer. Chez Antariums, nous vous conseillons donc une diapause “douce” à environ 15 ou 16 °C, dès la deuxième année, pendant une période de 6 à 8 semaines durant laquelle vous continuerez à nourrir la colonie.

DÉTAILS À AJOUTER : Même si sa petite taille, sa propension à l’évasion et la grande taille des colonies matures peuvent en rebuter certains, son agressivité, son développement rapide et son polymorphisme étonnant sont autant de raisons expliquant sa popularité en élevage.

DIFFICULTÉ D’ÉLEVAGE : Facile. Les colonies, très robustes, grandissent rapidement et ne nécessitent pas de soin particulier. Même sans expérience, il est très simple de les faire prospérer. La vraie difficulté porte sur la gestion des colonies sur le long terme : en effet, celles-ci deviennent très populeuses et voraces, et tentent de s’évader par tous les moyens ; c’est pourquoi il peut devenir rapidement assez compliqué de les contenir.

Sources et crédits :

  • http://www.antarea.fr/fourmi/
  • https://antwiki.org/wiki/Pheidole_pallidula#Identification
  • photo d’ending et autres par @myrmicants (nathan)
  • photo de couverture par https://www.flickr.com/photos/zyrquel/
  • photos de setup par Polak
  • https://spain.inaturalist.org/people/yvesbas
  • https://spain.inaturalist.org/people/thijsvalkenburg
  • https://spain.inaturalist.org/people/esant
  • Antwiki.org, Antweb.org & Antmaps.org
  • Réalisation par un contributeur Antariums anonyme
  • Mise en page et relecture : Ookami

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